La Vie, la Mort, Orphée
Hier au soir, nous nous sommes encore penché sur le “petit” Orphée! Plus on creuse, plus c’est passionnant.
En 1707, Monteverdi crée son Orphée. L’opéra, sous sa forme “aboutie” vient à peine d’éclore; certains prennent même cette pièce-ci comme sa pierre de touche. Cependant, il semble à priori curieux d’avoir choisi ce mythe-là alors que précédemment les deux (seules?) œuvres pouvant prétendre pleinement au rang d’opéra s’appelaient “Euridice”. Qu’avaient-t-ils tous avec ce mythe là? Il se fait que dans le courant du XVIIème siècle, toute la gente spirituelle s’éprend de philosophie et d’Humanisme. D’Homère à Platon, de mythologie en doctrines savantes, c’est à coups de pelle dans le passé qu’on tasse de nouveaux fondements. Le mythe d’Orphée et d’Eurydice semble central aux penseurs parce qu’il traite du mystère et son interdit. Rappelez-vous: Orphée a su pénétrer le Royaume des Morts parce qu’il a charmé Cerbère le gardien grâce à sa lyre enchantée. Tout comme il apaisait les bêtes sauvages sur terre... Amour d’Eurydice ou pas, c’est un sacrilège et, dans le texte mythologique, le renégat sera mis en pièces par les Déesses (leur nom varie selon les sources). Oui, c’est comme un écho d’Adam et Eve -sauf que c’est antérieur- et je laisse échapper au passage que c’est par la morsure d’un serpent qu’Eurydice s’est vue envoyée aux Enfers... En deux mots: ceux qui ont touché aux secrets interdits ne peuvent plus retourner chez les innocents... Et les Humanistes mettent alors en place une contre thèse: celui qui a su ne devra plus vivre à nouveau. La punition se métamorphose en délivrance. La fin de l’opéra de Monteverdi en témoigne bien: Orphée, qui errait fou de chagrin dans les bois, se fait inviter au Parnasse par Appolon (Soleil, lumière, connaissance.) C’est qu’il en est digne.
Moi je pense que c’est en s’éloignant des animaux qu’on s’abêtit.
Amis lecteurs ne lâchez pas, j’ai une suite à écrire pour cet article-ci!
